Histoire du durag : symbole capillaire, culturel et politique
Durag, do-rag, wave cap…, ce bout de tissu noué autour de la tête est devenu l’un des symboles les plus puissants de la culture du cheveu Afro. Mais derrière sa montée en popularité sur TikTok et les podiums de mode se cache une histoire riche, complexe et profondément politique.
Dans cet article, découvrez l’origine du durag, son évolution dans le temps, sa place dans la lutte pour la reconnaissance des identités noires, et son adoption dans la mode et la musique.
Qu’est-ce qu’un durag ?
Un durag est un tissu ajusté que l’on noue autour de la tête, généralement utilisé pour protéger les cheveux texturés. Il est souvent porté la nuit pour maintenir les coiffures afro, notamment les waves, tresses ou locks, et pour éviter les frictions pendant le sommeil.
Aux origines du durag : héritage des temps d’esclavage
L’histoire du durag remonte à l’époque de l’esclavage aux États-Unis. À partir du 18e siècle, des femmes afro-américaines asservies devaient couvrir leurs cheveux à l’aide de foulards. En Louisiane, la loi dite du Tignon Law (1786) exigeait que les femmes noires portent un tissu sur la tête pour marquer leur statut inférieur.
🎙️ Ce qui fut imposé comme un outil de soumission devint, avec le temps, un acte de résistance et d’élégance.
Durant la période post-esclavagiste et dans les années 1930 aux États-Unis, le durag devient un outil de soin capillaire au sein des foyers noirs, permettant de garder les cheveux plaqués ou sculptés, tout en assurant une hygiène du cuir chevelu.
Les années 90 : de la rue à la scène rap
C’est dans les années 1990 que le durag entre massivement dans la culture populaire, notamment à travers la musique hip-hop et le rap. Des icônes comme Jay-Z, 50 Cent, Nelly ou Aaliyah apparaissent en durag dans leurs clips, shootings et tapis rouges.
À cette époque, le durag devient un marqueur de style et d’appartenance communautaire. Il incarne à la fois le style de la rue et la fierté de l’identité noire. Cependant, il reste stigmatisé dans les médias dominants : dans certaines écoles, il est interdit car associé à tort à la délinquance ou aux gangs. Ce rejet contribue à renforcer sa charge politique.
2000–2020 : interdictions, résurgences et revalorisation
Malgré certaines interdictions dans les espaces publics - le durag ne disparaît jamais. Au contraire, il devient le symbole d’un combat pour la reconnaissance des cultures noires.
Des artistes comme Solange Knowles, Rihanna, Frank Ocean ou ASAP Ferg remettent le durag au goût du jour dans un esprit militant et esthétique. On le voit aussi sur les podiums porté avec fierté dans les défilés.
Le durag aujourd’hui : accessoire universel et ancré
En 2025, le durag est partout : Dans les clips de rap et R&B, sur Instagram, TikTok (#DuragCheck, #SilkyDurag). Dans les campagnes publicitaires. Dans la mode afro-urbaine mondiale. Il a aussi trouvé une place dans le discours féministe noir : les femmes afrodescendantes le portent en satin ou en soie pour célébrer la santé capillaire, l’héritage afro et la puissance féminine.